Le cadre réglementaire européen sur la durabilité des produits s'est profondément transformé ces deux dernières années. Entre l'entrée en vigueur de l'ESPR en juillet 2024, la révision du RPC et le déploiement progressif du Passeport Numérique Produit (DPP), les fabricants d'équipements électriques et électroniques (EEE) font face à des obligations de plus en plus précises — et de plus en plus imminentes.
Cet article vous donne une lecture claire de ces trois réglementations, de leurs interactions et des actions concrètes à engager dès aujourd'hui.
Trois réglementations, un même objectif : la transparence environnementale
L'Union Européenne a structuré sa politique de durabilité des produits autour de trois textes complémentaires :
- L'ESPR (Ecodesign for Sustainable Products Regulation), adopté en juillet 2024, qui remplace la directive Ecodesign de 2009 et s'applique à quasi tous les produits physiques, dont les équipements électroniques.
- Le RPC (Règlement sur les Produits de Construction), actuellement en révision, qui va intégrer des exigences environnementales renforcées d'ici 2027-2028.
- Le DPP (Digital Product Passport / Passeport Numérique Produit), outil transversal issu de l'ESPR, dont le déploiement est prévu entre 2027 et 2030 par catégorie de produit.
Ces trois textes se renforcent mutuellement. Et au cœur de chacun d'eux se trouve une exigence commune : la déclaration de données environnementales vérifiées, fondées sur une Analyse du Cycle de Vie (ACV).
L'ESPR : bien plus qu'une simple mise à jour de l'Ecodesign
Un périmètre élargi
L'ancienne directive Ecodesign portait essentiellement sur l'efficacité énergétique. L'ESPR va beaucoup plus loin. Il introduit des exigences de performance minimale (MPRs) couvrant la durabilité, la réparabilité, la recyclabilité, le contenu en matières recyclées, l'empreinte carbone et les substances préoccupantes.
Pour les équipements EEE, cela signifie notamment :
- Déclarer l'empreinte carbone sur le cycle de vie complet du produit
- Garantir la disponibilité des pièces détachées et la facilité de démontage
- Déclarer les substances SVHC présentes à plus de 0,1 % (m/m)
Un calendrier serré pour l'électronique
L'ESPR fonctionne par plans de travail sectoriels. Les appareils électroniques figurent parmi les catégories prioritaires dès 2025-2026. Les fabricants d'EEE n'ont pas le luxe d'attendre : la Commission européenne avancera sur ces catégories en priorité.
L'interdiction de destruction des invendus
Dès 2026, l'ESPR interdit la destruction des invendus pour l'électronique. Les entreprises devront déclarer annuellement les volumes de produits détruits et les mesures engagées pour les réduire.
Le RPC en révision : les EPD deviennent obligatoires pour la construction
Pour les fabricants dont les équipements s'intègrent dans des bâtiments (systèmes CVC, équipements de gestion technique, bornes de recharge…), la révision du RPC est un signal fort.
La nouvelle version attendue pour 2025-2026 rend les EPD (Déclarations Environnementales de Produit) obligatoires comme information à fournir pour le marquage CE des produits de construction. Le DPP devient également obligatoire pour ce secteur d'ici 2028.
Concrètement : un fabricant qui n'a pas encore engagé son processus de certification EPD prend du retard.
Le Passeport Numérique Produit : la colonne vertébrale de la transparence
Qu'est-ce que le DPP ?
Le DPP est un ensemble structuré de données lié à un identifiant unique (QR code, NFC, RFID), accessible tout au long du cycle de vie du produit. Il regroupe :
- L'identification du produit et du fabricant
- La composition (matériaux, SVHC, part recyclée)
- Les performances environnementales (ACV, empreinte carbone, score de circularité)
- Les données de réparabilité et de fin de vie
- Les certifications et déclarations (CE, EPD, labels)
Le calendrier pour l'électronique
Pour les équipements EEE, le DPP est attendu entre 2027 et 2028. Ce délai peut sembler confortable — il ne l'est pas. La construction du DPP repose sur des données ACV robustes et des EPD certifiées, dont le processus de réalisation prend en moyenne 12 à 24 mois.
L'ACV et l'EPD : le fondement de toute conformité
Pourquoi l'ACV est incontournable
L'Analyse du Cycle de Vie est la méthodologie de référence exigée par l'ensemble de ces réglementations. Elle couvre les modules A1 à D : extraction des matières premières, fabrication, transport, usage, fin de vie et bénéfices du recyclage.
Sans ACV, pas d'EPD. Sans EPD, pas de DPP conforme. Et sans DPP, pas d'accès au marché européen à partir de 2027-2028.
L'EPD : le document qui rend les données opposables
La Déclaration Environnementale de Produit (EPD) est le document standardisé (ISO 14025 / EN 15804+A2) qui formalise et rend publics les résultats de l'ACV. Son processus de certification comporte cinq étapes :
- Définition du système et collecte des données d'inventaire (ICV)
- Calcul des indicateurs d'impact selon EN 15804+A2 (GWP, ODP, AP, EP, POCP, ADP…)
- Rédaction de la déclaration selon le format PCR applicable
- Vérification indépendante par un organisme accrédité (COFRAC ou équivalent)
- Enregistrement auprès d'un programme EPD reconnu (EPD International, INIES, IBU…)
Une EPD est valide 5 ans. Tout changement significatif de composition ou de procédé impose une mise à jour.
La PEP ecoPassport : le standard EPD spécifique aux EEE
Pour les équipements électriques et électroniques, le programme PEP ecoPassport est le référentiel EPD de référence. Il définit les règles PSR (Product Specific Rules) propres aux différentes familles d'équipements EEE et est reconnu par les principaux donneurs d'ordre européens, notamment dans le secteur de la construction et de l'énergie.
En 2025, plus de 2 000 nouvelles déclarations PEP ont été enregistrées (+10 % vs 2024), et plus de 9 000 nouvelles EPD ont été publiées sur l'International EPD System. Ces chiffres témoignent d'une dynamique de marché qui s'accélère.
La roadmap pour se mettre en conformité
Pour un fabricant d'EEE, la mise en conformité avec ces réglementations suit une séquence logique :

Ce que les entreprises sous-estiment encore
Complexité de l'ACV
Réaliser une ACV ne se résume pas à remplir un tableau. La modélisation exige de réconcilier des données hétérogènes issues de dizaines de fournisseurs, de maîtriser les règles PSR/PCR propres à chaque catégorie de produit, et de paramétrer des logiciels spécialisés. Une erreur de mapping matière ou un scénario mal appliqué peut invalider l'intégralité de la déclaration.
Le risque greenwashing
Le règlement ESPR et la directive Green Claims (en cours de finalisation) sanctionnent sévèrement les allégations environnementales non fondées. Toute donnée publiée dans un DPP doit être vérifiable et actualisée. Les autorités de surveillance du marché disposeront des moyens de contrôler la cohérence entre le DPP déclaré et les caractéristiques réelles du produit.
Le temps de production d'une EPD
Entre la collecte de données, la modélisation, la vérification et l'enregistrement, une EPD certifiée prend en moyenne 12 à 18 mois. Les entreprises qui n'ont pas encore initié ce processus pour leurs produits prioritaires prennent un risque réel d'être hors conformité à l'échéance réglementaire. En automatisant les étapes de modélisation et de réconciliation des données, Qweeko réduit significativement ce délai, sans compromis sur la fiabilité ni la conformité réglementaire.
Conclusion : l'ACV n'est plus optionnelle
ESPR, RPC révisé, DPP : ces trois textes convergent vers une même conclusion. Pour les fabricants d'EEE, la réalisation d'ACV certifiées et la production de fiches PEP/EPD ne sont plus des démarches volontaires; elles deviennent des prérequis réglementaires pour continuer à vendre sur le marché européen.
C'est précisément pour répondre à cet enjeu que Qweeko a été conçu. Notre plateforme automatise la modélisation ACV et la génération de fiches PEP et EPD et nos experts vous accompagnent selon vos besoins.
Résultat : vos déclarations environnementales sont produites plus rapidement et conformes aux exigences réglementaires en vigueur.
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